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INTENSIFS - EXTENSIFS

Les groupes planétaires Intensifs et Extensifs dans le modèle R.E.T.® de l’Astrologie Conditionaliste

Préambule

Le R.E.T.® est un des apports majeurs de l’Astrologie Conditionaliste. Il représente, tel un modèle de globalité, l’ensemble des fonctions planétaires qui ont toutes entre elles des rapports organiques, comme les organes d’un corps, chacun ayant une fonction spécifique participant au maintien dynamique de l’harmonie d’ensemble.

Ce système classe les planètes suivant trois niveaux d’information : simple, double, complexe, en corrélation eux-mêmes avec trois niveaux de conscience : le R qui est celui de la Représentation (apparence, langage, image, consensus..), le E celui de l’Existence (expérience, émotions, vécu..), le T celui de la Transcendance (inconscient, mystère, inconnu, invisible..).

Le modèle R.E.T. ® permet de dégager des groupes ou familles planétaires à l’intérieur desquelles les fonctions planétaires ont une dynamique commune. Cet article de Philippe PINCHON propose de décrire les 6 familles dites ’intensives’ et ’extensives’ du R.E.T. S’appuyant sur le schéma sagittal et sur le modèle circulaire du R.E.T, il nous permet de comprendre comment l’on passe des "images aux mots" puis des "des mots au portrait". Les interprétations astrologiques proposées sont d’une grande cohérence et d’une grande clarté. Elles aideront, je l’espère, le lecteur peu familiarisé avec les outils de l’Astrologie Conditionaliste d’entrer dans la logique interprétative que permet le R.E.T.®

Dans le logiciel d’astrologie Azimut35, les 6 familles planétaires (R,r, E, e, T, t) décrites dans cet article sont nommées ’Sociabilité naturelle’ (pour famille ’R’), ’Esprit de décision’ (pour la famille ’r’), Réalisme (’E’), ’Sensorialité’ (’e), ’Esprit d’invention’ (’T’), ’Sens critique’ (’t’).

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Modèle circulaire ou dynamique du RET

LES GROUPES INTENSIFS

I-OBSERVATION

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Schéma sagittal
Schéma montrant toutes les relations entre les 3 niveaux source et but du RET.

Observons le schéma sagittal du R.E.T. On peut observer :

  • que trois flèches aboutissent au niveau r (niveau Représentation)
  • que trois flèches aboutissent au niveau e (niveau Existence)
  • que trois flèches aboutissent au niveau t (niveau Transcendance)

Dans chacun de ces groupes, il y a CONVERGENCE vers un même niveau :

Soleil, Jupiter, Uranus convergent vers le niveau r
Mars,Vénus, Neptune convergent vers le niveau e
Pluton, Saturne, Mercure convergent vers le niveau t

II- DEFINITION

Une telle confluence, une telle conjonction de fonctions planétaires impose l’image d’un polarisation, d’une focalisation, d’un regroupement, d’une concentration, partant, d’une intensification, d’un accroissement d’effet, d’une intensité. Aussi chacun de ces groupes sera-t-il qualifié d’intensif.

GROUPE ’r’ ou ’r intensif’ (convergence vers le r, niveau Solaire) :
R → r : Soleil
E → r : Jupiter
T → r : Uranus

GROUPE ’t’ ou ’t intensif’ (convergence vers le t, niveau de Pluton) :
R → t : Mercure
E → t : Saturne
T → t : Pluton

GROUPE ’e’ ou ’e intensif’ (convergence vers le e, niveau de Mars) :
R → e : Vénus
E → e : Mars
T → e : Neptune

Les formules posées, il s’agit maintenant de les faire parler : c’est là tout le problème des retombées sur le plan du langage

III- IMPLICATIONS ET APPLICATIONS

1) Le ’r’ intensif

a) De l’image aux mots : Le schéma sagittal du ’r’ suggère un mouvement ascendant, une tension vers le haut, en même temps qu’une réduction à l’unique. Ainsi, l’image même, la représentation même du ’r’ propose, si ce n’est impose, l’idée d’une tension vers, d’une mobilisation vers un objectif précis et déterminé. C’est un peu, et de façon caricaturale, la dynamique du héros cornélien « Je le suis, je veux l’être » : une certaine image de soi, ou une certaine représentation de ce qui n’est pas soi (« Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la France ») se dresse comme un objet à atteindre à travers un projet.

La réduction au ’r’, au simple, à l’unique, évoque par ailleurs les idées de schématisation, de formulation claire et concise, de sélection, de volonté de maîtrise...

Au total se dégage la notion d’affirmation : le ’r intensif’ affirme et s’affirme tout à la fois.

b) Des mots au portrait :

Dans un thème où le ’r’ domine, on pourra traduire l’image de la tension – si l’ensemble du thème s’y prête – en parlant d’un sujet volontaire, déterminé, soucieux de s’affirmer, un être ambitieux donc, au sens péjoratif du terme, ayant besoin de se valoriser, d’affirmer son image aux yeux d’autrui comme au siens propres. Un tel souci de son impact social peut éventuellement entraîner une bonne dose de susceptibilité, pour le moins une sensibilité à sa propre réputation.

La volonté d’affirmation en tout cas est liée au besoin de maîtrise, si ce n’est au goût du pouvoir : l’individu d’obédience ’r’ entend être et rester son propre maître en quelque situation que ce soit, n’aime pas à l’inverse être le jouet des événements et des circonstances, voire le jouet de ses propres émotions et sentiments, qui peuvent être vécus comme autant de faiblesses. Une telle force de caractère le rend exigeant aussi bien envers lui-même qu’envers les autres : horreur de tout grégarisme, de tout laxisme, de toute « médiocratie » ; élitisme, perfectionnisme pourront être en revanche les mamelles de sa personnalité. Corollaires psychologiques éventuels : orgueil, arrogance, complexe de supériorité qui peuvent exprimer occasionnellement le besoin d’être au-dessus de la mêlée, de se sentir hors du commun. Dans une personnalité plus contrastée, dans un sujet au ’r’ dominant mais problématique, l’exigence extrême est souvent doublée du sentiment douloureux de ses propres insuffisances.

Le sujet de type ’r’ a besoin de s’impliquer dans quelque chose, a besoin en tout cas d’un objet dans et par lequel s’affirmer : domaine qu’il maîtrise, espace qu’il gère, matière qu’il domine, spécialité où il excelle... le maître-mot en l’occurence est « compétence », ce qui peut contribuer à une réputation de sérieux et de qualité ; souci de planifier, d’établir des projets, donner des orientations, des directions et des directives, bref de contrôler l’avenir, de maîtriser autant que possible le hasard. Mais qui dit compétence dit aussi connaissance : connaître un objet quel qu’il soit c’est le maîtriser, et qui accroît sa connaissance accroît son pouvoir : horreur de l’objet qui ne se laisse pas saisir, qui échappe à la préhension, à toute compréhension rationnelle ou à toute saisie par le langage : les mots constituent une forme de pouvoir sur les choses : dénommer c’est dominer.

Résumons : l’objet ’r’ est un objet qui se laisse maîtriser, c’est-à-dire essentiellement, que l’on cherche à organiser, à comprendre, à formuler ; l’organisation par la raison, la compréhension par l’intelligence, la formulation par le langage sont autant de pouvoirs exercés sur le monde des objets.

En situation, l’individu ’r’, par son sens de la réduction, s’entend à proposer des situations, formuler des diagnostics, posséder une vision claire et nette des problèmes, à juger, jauger, donner son avis, son point de vue, son opinion… Mais de proposer à imposer il n’y a qu’un pas… et bien vite franchi : si la dynamique du ’r intensif ’ incite a mal supporter les questions sans réponse, les problème sans solution, tous ce qui ne se laisse pas clairement saisir et appréhender, il est enclin également a mal digérer, dans son entourage, dans ses relations, la contestation : le « c’est comme ça et pas autrement ! » est une de ses tentations permanentes ; ses convictions, ses certitudes, ses idées sinon fixes du moins bien arrêtées, le poussent aisément à l’intolérance et à l’inflexibilité. La dynamique d’affirmations débouchent souvent sur une problématique d’autorité, comme sur des problèmes avec les autorités. La relation étant essentiellement une relation de pouvoir, le dialogue et la concession ne sont pas nécessairement les points forts du ’r’ : trouver un accord ce sera bien souvent s’accorder à son point de vue.

Au total, le ’r’ a besoin de se sentir responsable d’un ensemble, Être investi non seulement un pouvoir, mais de façon peut-être moins péjorative, d’une responsabilité. Son intégration dans le tissu passe par le rôle qu’il y joue, un rôle qu’il voudrait important voire primordial : un leader, un dirigeant, un patron (ou une matrone), un chef, chef d’orchestre, d’entreprise, de chantier, de gare ou de famille… il s’agit au fond de régner sur un univers si microcosmique soit-il. Péjorativement on pourra parler d’autoritarisme, d’une tendance à régenter et réglementer la vie des autres ; mais cette tendance à régir et légiférer n’est pas nécessairement négative lorsqu’elle a pour souci d’améliorer la vie collective : le thème de Badinter, qui arbore un ’r’ dominant en constituerait un exemple significatif et frappant

2) Le ’t intensif’

a) De l’image aux mots :

Un simple regard sur le schéma ci-dessus permet de constater que la dynamique du ’t intensif’ est à l’inverse de celle du ‘r intensif’ :

Le ‘r’ impliquait une tension vers le haut, un mouvement ascensionnel de réduction vers le simple et l’unique, le ‘t’ suggère un mouvement de retrait, une plongée vers le niveau T, vers Pluton et les valeurs plutoniennes, le complexe, le multiple, l’inconnu, le lointain, vers l’au-delà des apparences, des phénomènes. Après le flux, le reflux ; après l’implication, la désimplication, le recul, la prise distance. Le regard ‘r’ était tendu vers un point, un sommet, le regard ‘t’ scrute le lointain, embrasse l’horizon, à la vision étroite, focalisée, s’oppose la vue d’ensemble, la perception de la totalité. Retrait, distance seront les maîtres mots permettant de saisir de façon schématique propre ’t intensif’.   b) Des mots au portrait :

« Toute invite provoquait d’abord en moi du retrait ». Ce mot de Gide pourrait servir à introduire la psychologie d’un sujet d’obédience ’t’. Loin de vouloir s’affirmer, comme le ‘r’, de vouloir jouer les premiers rôles, le ‘t’ est enclin à rester dans l’ombre, à se retirer sous sa tente, dans sa tour d’ ivoire, « fort (sic) intérieur », Pour reprendre l’expression de Françoise Giroud. Se replier sur soi, dans son en-soi, plonger dans ses réflexions, pensées, méditations, ruminations, telle peut être la première pente d’un ‘t’ : soit, être tourmenté, torturé, compliqué, il se perdra dans sa propre complexité ; soit, bien campé au fond de lui-même, il y puisera le sentiment de sa profonde authenticité. Il s’agit en tout cas d’un être intériorisé, porté éventuellement à l’introversion et à l’introspection. Contrairement au ’r’, il n’éprouvera guère le besoin d’imposer une image de soi, in ne prendra guère au sérieux son personnage. Sa richesse intérieure, d’ailleurs, son propre foisonnement, ne sauraient souffrir d’être réduits : horreur de l’étiquette ! Se définir c’est se limiter, être défini c’est être mutilé. Il se sent non pas un, mais multiple, « ondoyant » pour reprendre le mot de Montaigne ; il réclame non pas une identité, mais « son » intégrité, « son » authenticité.

La dynamique du ’t’, cependant, a besoin d’un objet pour s’exprimer pleinement, un objet à examiner, à scruter, à sonder, à creuser, à approfondir, un objet suffisamment complexe pour satisfaire sa curiosité. En ce sens le regard ’t’ peut être requis par l’inconnu, le méconnu, le mystérieux, l’étrange, par tout ce qui échappe à l’immédiate conscience, tout ce qui se situe au delà de nos communes perceptions, par delà les apparences et les évidences du monde sensible. C’est dire si ce regard peut favoriser la pensée scientifique : la prise de distance se mue aisément en sens de l’observation, goût de l’abstraction, de la spéculation ; le sens du complexe y devient esprit de curiosité, de recherche, d’analyse, d’investigation, avec en corollaire le goût des relations formelles, l’intelligence des faits.

La prise de distance impliquera par ailleurs la pratique du doute, un certain scepticisme qui permet de rejeter les explications toutes faites ou trop simples, les idées, opinions, valeurs reçues. Le sens de la multiplicité, de la complexité du monde est à même de favoriser un relativisme de pensée : pas de vérité une et apostolique, à chacun sa vérité ! Aussi bien une telle disposition d’esprit l’incline-t-elle à la tolérance.

L’attitude de retrait, de recul, de prise de distance du ’t’ le laisse quelque peu démuni lorsqu’il est en situation. Ce n’est ni un décideur, ni un homme d’action, et il passera aisément pour irrésolu et inefficace. Spectateur amusé ou observateur désabusé, il sait en revanche porter un regard lucide, critique, impitoyable, diabolique, ou bien au contraire redouter son humour décapant, son esprit critique, malicieux, ironique, mordant, railleur, caustique, pourfendeur d’hypocrisie, apte à dénoncer grimaces et simagrées, à saisir par delà les beaux discours et les bonnes actions, les motivations secrètes, les intentions cachées, les raisons inavouées. Loin d’un mondain (niveau R), il y a en lui un Misanthrope. On pourra l’accuser par ailleurs de compliquer les relations, de rechercher, consciemment ou inconsciemment, les situations embrouillées, ou d’être un fauteur de troubles, un semeur de zizanie. Nul n’est plus apte à brouiller les cartes, à pêcher en eaux troubles, à intriguer, manoeuvrer en coulisse. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Au total, on le voit, l’attitude de retrait ne favorise guère l’intégration sociale, l’adhésion à un ensemble quel qu’il soit : fondamentalement, il s’agit de quelqu’un qui n’adhère pas, qui se situe souvent en marge. Sceptique, voire pessimiste, aquoiboniste ou nihiliste, réfractaire et protestataire tout à la fois, ce n’est jamais un être social, et rarement un être sociable. Peu ou prou, dans les faits ou dans l’esprit, le ’t’ a tendance à s’exclure du circuit ’R-E’ des règles er pratiques d’une « bonne société » dont il s’entend à dénoncer les tartufferies.

3) Le ’e’ intensif

a) De l’image aux mots :

Le mouvement de concentration s’applique ici au niveau E, où tout est duo-duel, dualité, ambivalence, ou la dynamique est celle du couple dans tous les sens du terme. Tout tend vers le vécu immédiat, vers le ressenti du moment, vers le passage à l’acte. Le ’e intensif’’ c’est ici l’intensité du vécu, l’intensité du ressenti : il s’agit essentiellement de vivre les choses, d’éprouver et de s’éprouver au contact du monde, d’adhérer pleinement. En caractérologie, on dira que le ’e’ est essentiellement passionné, à la fois réceptifs et réactifs. Par opposition au petit ’r’, tendu et volontaire, au ’t’, distant et spéculatif, le ’e’ apparaît comme un sensitif, un être vivant d’instinct et d’instant, chez qui prédomine les sens et le sentiment.

b) Des mots au portrait : Dans l’absolu, le sujet ’t’ ne possède ni le pouvoir de distance du ’t’, ni la volonté de maîtrise du ’r’. Présent au monde, nous l’avons dit, c’est avant tout un passionné qui vit au gré de ses désirs, de ses élans, de ses pulsions et impulsions, de ses impressions, de ses penchants, de ses inclinations, de son instinct, de ces intuitions, de ses humeurs, ses foucades, de son « bon plaisir » aurait dit François Ier (dominante ’e’), de ses caprices, diront certains. Qu’il suive sa pente vénusienne ou qu’il se laisse entraîner par les courants ou les lames de fond neptunien, son comportement, ses actes, ses gestes sont sous-tendus par ses affects, par les mouvements mêmes de son cœur et de sa sensibilité.

Au total, une nature vivante, vibrante, chaleureuse, passionnée, un être régi par le mouvement, qui aime se sentir en mouvement : mu et ému tout à la fois, il vit l’instant présent dans son intensité, sans calcul ni préméditation. Ces désirs, ces élans ont besoin de s’investir dans un objet (ou plusieurs), objets d’élection : besoin d’un corps à corps avec le monde, d’un cœur à cœur avec l’autre, d’un contact direct qu’il soit affectif ou sensuel. Le ’e’ ne connaît qu’en éprouvant et en s’éprouvant. Il s’agit de sentir face à lui une présence, de se sentir exister « contre », dans les deux acceptions de la préposition, à la fois contact et opposition.

C’est dire si le contact recherché n’exclut ni le heurt ni l’affrontement, et si le duo tourne aisément au duel. L’objet est toujours objet de passion ou de passions.

Si le ’e’ ne perçoit les êtres et les choses que par l’impression qu’ils laissent en lui, par le sillage émotionnel qu’ils laissent au sein de sa chair, il lui faut, à l’inverse, imprimer sa marque, laisser son empreinte. N’oublions pas que les stimuli convergent vers Mars : Vénus et Neptune alimentent Mars et font du ’e’ un réactif. Tout invite donc à la mise en branle, tout incite donc à être ébranlé, c’est-à-dire à la fois affecté dans sa sensibilité – et il dispose en cela de toute une palette d’émotions et de sensations, des fortes aux raffinées – et mis en mouvement. Pour le ’e’, il faut que ça bouge, en lui et hors de lui, rien n’est pire que l’indifférence et l’inaction, rien de lui pèse davantage que l’immobilisme, le calme-plat, l’ennui. En ce sens, le ’e’ n’a rien d’une simple éponge mollassonne, uniquement passive et réceptive (cf. Charles Pasqua et Margaret Thatcher !). Il y a en lui un besoin de vivre directement, physiquement, intensément les choses, d’être dans le feu de l’action, dans les feux de la passion. A la limite, il pourra confondre agir et être agité. Son besoin d’agitation à la fois intérieure et extérieure peut en effet prendre une forme chaotique : le ’e’ peut se complaire dans les climats passionnels, il peut n’agir que pour le plaisir de s’agiter (ou d’agiter), contrairement au ’E’ (E extensif) qui oriente, régule, énergie et activité, qui agit dans un sens précis, avec réflexion. Le ’e’ n’est ni celui qui dirige (’r’), ni celui qui observe (t) ; ce serait davantage un activiste (péjorativement un agitateur agité) ; il est en tout cas celui qui participe activement, corps et âme, qui s’enflamme, se brûle aussi, qui n’hésite pas à se jeter dans le feu de la mêlée, au cœur de la bataille. A cet égard, le ’e’ ne saurait se payer de simples mots ou de vagues intentions. Ses paroles en revanche sont des actes, et des points sur les i s’accompagnent aisément de poings sur la table... si ce n’est ailleurs !...

C’est dire si, en situation, il faut craindre les violences de ses réactions ‑ du désespoir à l’enthousiasme, des rires aux larmes – et les variations de son humeur. Ce n’est pas un être de tout repos pour l’entourage : émotif, réceptif et réactifs, il vit à chaud l’instant présent, il est sensible aux décors et atmosphères, aux fluctuations du milieu ambiant, et certes l’on peut craindre ses éventuels débordements : d’affection ou de rage, de langage aussi, car ses paroles vont souvent au-delà de sa pensée ou des ses intentions.

Son univers relationnel se partage ainsi aisément en sympathies et antipathies, pulsions et impulsions, amour et haine, cœur et rancoeur, sentiment et ressentiment. Il peut y avoir en lui un mélange étonnant et détonnant de violences et de tendresses. L’objectivité enfin risque de n’être pas son fort, et ses réponses et jugements seront souvent subjectifs, partiaux, sujets même à variation suivant l’humeur du moment.

L’absence de régulation et de distance par rapport au vécu peut donner à son existence un caractère pour le moins instable. L’intégration à un ensemble risque donc de décliner sur le mode de l’inconstance. Coups de tête, coups de cœur peuvent lui valoir une vie tumultueuse, riche en turbulences de tous ordres. Qui dira les désordres de la passion ? Rejetant les grands principes au nom des grands sentiments, l’absence de frein mettra son existence sous le signe des fluctuations, méandres, zigzags : « sa vie est un manège », comme le chantait l’autre, un manège non exempt de remue-ménage. Ne voyons pas toutefois en lui un infidèle chronique, une girouette, un nécessaire cœur d’artichaut : fondamentalement, il s’agit pour lui de vivre une relation, intensément, jusqu’à épuisement, plutôt que de s’y installer. A la limite, sa vie peut se dérouler au jour le jour, sans projet et sans habitude, comme le chantait encore un autre, à savourer les délices de l’instant : hédonisme et épicurisme peuvent constituer ainsi l’horizon moral d’un ’e’.

LES EXTENSIFS

I – OBSERVATION

Modèle circulaire ou dynamique du RET

Observons le schéma dynamique du RET. On peut constater :

Que 3 flèches partent du niveau R :

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Que 3 flèches partent du niveau E :

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Que 3 flèches partent du niveau T :

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Dans chacun des ces groupes il y a divergence à partir du même niveau :

Soleil, Vénus, Mercure divergent à partir du niveau R (niveau Solaire)
Mars, Jupiter, Saturne divergent à partir du niveau E (niveau de Mars)
Pluton, Neptune, Uranus divergent à partir du niveau T (niveau de Pluton)

II – DEFINITION

Une telle diffluence (division d’un cours d’eau en plusieurs branches) impose l’image d’une force centrifuge, d’un mouvement d’expansion, d’ouverture, de conquête, d’un déploiement, d’un développement, d’un élargissement, d’une amplification, d’une diffusion, d’une propagation, d’une dilatation...

Ainsi chacun de ces groupes sera-t-il qualifié d’extensif :

Groupe ’R extensif’ (diffluence du R) :
R → r : Soleil
R → e : Vénus
R → t : Mercure

Groupe ’E extensif’ (diffluence du E)  :
E → r : Jupiter
E → e : Mars
E → t : Saturne

Groupe ’T extensif’ (diffluence du T) :
T → r : Uranus
T → e : Neptune
T → t : Pluton

La dynamique des intensifs résidait en un mouvement concentrique, celle des extensifs suppose un mouvement ’excentrique’ de propagation à partir d’un centre. Intensification en un point d’une part, accroissement dans l’espace d’autre part ; focalisation en un point, rayonnement à partir d’un centre.

III – APPLICATIONS

1) Le R extensif

a) De l’image aux mots : Le schéma sagittal dénote un mouvement vers l’extérieur à partir du niveau R. Il s’agit fondamentalement de faire rayonner sa propre image, ou l’image d’un quelconque objet : faire rayonner une idée, la développer, la propager, l’étendre à un ensemble, diffuser une image de marque, répandre une foi, une croyance, un dogme, transmettre un savoir, des connaissances, étendre le champ d’application d’une loi, d’un code, développer une culture (le fameux rayonnement culturel !)... les mots manquant à notre désir, et sans doute en trouverez-vous d’autres, cette liste n’étant pas exhaustive. Un tel rayonnement en tous cas implique et présuppose la notion d’influence : le ’R extensif’ en ce sens trouve une illustration parfaite dans ce que l’on résume aujourd’hui sous le label « sciences et techniques de la communication » : comment toucher un auditoire, comment investir l’espace social par l’impact de l’image (Vénus) et l’ampleur de sa diffusion (Mercure)

b) Des mots au portrait :

Le sujet d’obédience ’R’ a théoriquement la faculté de faire rayonner sa propre image : on dira qu’il est communicatif, ouvert, expansif, causeur, exubérant, en un mot expressif, et par sa physionomie et ses facilités d’élocution. Schématiquement, il s’agit d’une personnalité extravertie : la dominante ’R’ dénotera en psychologie du sujet, l’humeur démonstrative, le besoin de s’extérioriser, de s’exprimer. Notons toutefois que ce qui est présupposé ici, c’est l’assise solaire, l’évidence de soi, la nécessaire confiance en soi.

Le ’R extensif’, cependant, ne se vite pas obligatoirement au niveau du sujet. Il peut être vécu par et à travers un objet, dans un domaine particulier. L’image à diffuser n’est plus alors sa propre image, mais celle d’un objet qui lui est extérieur : la liste ne saurait être exhaustive, mais pensons notamment à la pédagogie où il s’agit de transmettre des connaissances, d’expliquer de façon claire et accessible, avec chaleur et éloquence, bref, l’art de « faire passer », de présenter, d’exposer de façon vivante et attrayante ; pensons également au monde des mass média (presse, information, publication), aux métiers qui touchent la culture et le rayonnement culturel, à tout apostolat, à toutes les formes de prosélytisme où une bonne parole est à répandre : publicité, techniques de vente, relations commerciales s’il s’agit d’un produit ; propagande s’il s’agit d’une idéologie ; émissariat et diplomatie s’il d’agit d’un pays... bref, le ’R’ objet en un sens est un délégué, un ’représentant’ au sens large du terme, dont le rôle est d’accroître le champ d’influence de l’objet dont il a la charge.

A priori, le ’R’ est adapté au jeu social. Il serait donc théoriquement à l’aise en situation, en relation, où charme et brio peuvent être des qualités essentielles qui lui confèrent un indubitablement pouvoir de séduction. Le ’R’, en société est volontiers « en représentation » : il a somme toute besoin d’un spectateur, et, en ce sens, les métiers du spectacle (espace scénique à) occuper, public à conquérir) peuvent le requérir : théâtre, show, cinéma, tout domaine où il s’agit de produire un effet – et de mesurer l’effet produit – en jouant avec son image ou avec l’image que l’on donne de soi-même. L’autre, les autres, deviennent le miroir de son petit « égosystème ». Que l’on pousse à la caricature et l’on parlera de cabotinage. Il s’agit en fait de toucher un public, et ne sait pas vendre son image qui veut. Péjorativement, et peut-être aussi, hélas, plus communément, ressortit au ’R’ la catégorie des personnes jugées « envahissantes », celles qui occupent de l’espace et du volume : colporteurs en tous genres de leur petit ego, camelots dont le seul art est de se répandre et de s’étaler... Mais peut-être faisons-nous en ces termes, le portrait d’un ’R – sujet-non-relation’ !... Finissons sur une note moins dépréciative : le niveau R de la relation, c’est bel et bien le code social, le code relationnel qui sous-tend et permet toute communication. En ce sens le ’R’ est susceptible de savoir jouer avec les codes, ce qui expliquerait sans doute sa théorique aisance en société.

La fonction ’R extensif’ va dans le sens d’une intégration aisée à un espace social, dans un ensemble quel qu’il soit ; en ce sens, sociabilité, courtoisie, serviabilité peuvent en être l’apanage. Le ’R’ est en tous cas susceptible d’une grande adaptabilité et d’une grande souplesse de comportement qui peuvent lui donner l’instinct du mot à dire, l’intuition de l’attitude à prendre en fonction de l’interlocuteur et des circonstances. Un tel pouvoir d’accommodation confère des talents de médiateur, de diplomatie, d’homme de dialogue. Son adhésion toutefois peut n’être que superficielle : un jeu auquel il se prête.

2) Le T extensif

a) De l’image aux mots :

Le schéma sagittal dénote un mouvement d’extension vers le haut, de conquête d’un espace à partir du niveau ’T’. La dynamique de rayonnement propre au groupe des extensifs a pour base et tremplin la transcendance : l’inconnu, le méconnu, l’occulte, l’inconscient... toutes métaphores du caché. En quelque sorte il s’agit du rayonnement de l’Ombre, ou bien de l’extension d’un anti-pouvoir, d’une puissance occulte... Le ’T extensif’ tient en tout cas, peu ou prou, du prophète, de celui qui prétend révéler et imposer des vérités cachées au nom d’un Dieu dont il se sent inspiré, au nom d’une conviction profonde allant le plus souvent à l’encontre des vérités et conceptions officielles, des pratiques et conduites communément admises. Volonté rénovatrice donc, voire révolutionnaire, anti-conformiste ; propulsion d’une puissance réformatrice ; mise en œuvre d’une action qui vise à transformer.

b) Des mots au portrait

Si l’on se réfère à un sujet, le mouvement d’extension vers le haut pourrait être traduit par les termes d’aspirations, d’élans vers, de quête. Désirs profonds, aspirations vastes mais vagues en même temps, s’agissant du niveau ’T’ de l’individu. On pourrait parler d’ambitions, mais le mot possède en lui-même une connotation ’r intensif’ et les mots ’appel’, ’vocation’ paraissent mieux convenir. Ampleurs des aspirations, donc, mais aussi appel du large, attrait de l’aventure : il y a, dans le mouvement d’expansion dans l’espace, un goût du voyage lié au plaisir de la découverte. Promesses de départ, quête de nouveaux horizons, d’un ailleurs... « La vraie vie est ailleurs, et mon tailleur est riche », telle pourrait être la devise d’un ’T’. On songe aux croisades, au sens propre comme au figuré, aux grandes découvertes...

Le ’T extensif’ peut donc être animé de l’intérieur : quelque chose l’agit, le pousse, le motive : une pression, une exigence, une nécessité intérieures, une intime conviction, une foi, une intuition, un sentiment profond et impérieux, une secrète détermination. Plus banalement et communément, on dira qu’un tel sujet ne répond qu’à ses propres exigences, qu’à ses injonctions propres : il d’agit de se vivre (E) et de se représenter (R) pleinement, de s’exprimer dans son intégrité, dans son authenticité (T), de se sentir et d’être entièrement dans ce que l’on est et dans ce que l’on fait.

Le ’T’, animé par l’absolu, représente ainsi ce que l’on pourrait appeler la fonction asymptotique du sujet, ce vers quoi il tend sans jamais l’atteindre, à la fois ce qu’il attend et ce qu’il n’atteint jamais.

On voit que sans ’objet’ une telle attente risque de tourner aux rêves inaccessibles, aux envolées imaginaires, aux visées vers l’impossible. Pour se vivre, pour n’être pas qu’un seul songe-creux, le ’T extensif’ a besoin d’aspirer à quelque chose, de trouver un objet de quête, d’ancrer en quelque sorte son rêve à la réalité.

Par là, le ’T extensif’ peut faire figure de novateur dans le domaine de son activité, apporter une dimension nouvelle, introduire de nouvelles conceptions, ouvrir de nouvelles perspectives, explorer des horizons nouveaux, autant de formules qui peuvent exprimer son goût et son sens de l’avant-garde, son flair du futur, son penchant à bousculer par ses hardiesses et ses audaces les pensées et les pratiques trop routinières. On parlera au total de facultés imaginatives, inventives, créatives, d’une imagination créatrice quel que soit le domaine : invention scientifique, création littéraire et artistique, réformes politiques et sociales, partout où il s’agira de changer un mode de vie, une manière de voir, de concevoir, de penser, d’exprimer.

En situation, les tendances non-conformistes du ’T’ peuvent le conduire à l’insoumission ou à la contestation. Il y a en lui un fond de révolte toujours prêt à resurgir, qu’elle soit individuelle, sociale ou métaphysique. Un pas de plus et l’on a le style « provocateur » ou bien « original, excentrique », ne craignant pas en tout cas d’afficher et de vivre sa différence, de heurter les convenances, de choquer les « bien-pensants » de tous ordres. Il lui est difficile, de par le fort sentiment de sa liberté intérieure de se plier, de composer, d’accepter compromis et compromissions, de céder aux contraintes qu’exercent sur lui l’entourage ou la société, voire même la réalité.

Au total, le ’T extensif’, on l’aura compris, a tendance à évoluer hors des sentiers communément battus. Sa façon de vivre et de penser différemment, de tendre vers une existence et une image conforme au fond de sa personnalité, en font peu ou prou un marginal. Il peut faire partie de ces minorités qui se posent contre l’ordre établi et proposent un ordre nouveau.

Son intégration en tous cas ne saurait se résumer à sa simple position sociale : ses aspirations dépassent de simples ambitions, les ambitions trop simples du confort, de la sécurité. Son existence ainsi peut être sujette à de profonds remaniements, à de brusques revirements, à de soudains angles droits. En fait on pourrait dire qu’il ne se sent à l’aise que dans les climats de crise, dans les périodes de mutation, de transformations, de bouleversements, qui lui donnent le sentiment de voir « bouger » les choses, de sentir, en dehors de lui ou en lui, les promesses d’un monde nouveau.

3) Le E extensif :

a) De l’image aux mots :

Le schéma sagittal dénote un mouvement d’extension à partir d’un centre : le rayonnement, l’expansion se font ici à partir du niveau E (niveau de Mars), à partir d’une confrontation au réel, d’une expérimentation des faits. L’action, le mouvement ne constituent plus une fin en soi (e) ; mais un moyen, un outil. On pourra pour résumer parler d’action orientée (Jupiter) et réfléchie (Saturne). Le ’e intensif’ cultivait le mouvement comme une preuve indéniable d’existence, le ’E extensif’ s’intéresse davantage au produit de l’action, au bénéfice (au sens non réductif de profit matériel) qu’il peut en tirer : efficacité (niveau R), approfondissement par l’expérience (niveau T). Au total on pourra parler d’action régulée en activité consciente et réfléchie.

b) Des mots au portrait :

Le sujet d’obédience ’E extensif’ serait en caractérologie un actif, quelqu’un – si l’on se réfère à la dynamique du schéma sagittal – qui rayonne par son activité, quelqu’un de dynamique, énergique, entreprenant, possédant un certain esprit combatif et un sens certain de l’initiative. Action cependant chez lui ne rime pas avec agitation : théoriquement, il sait maîtriser ses émotions, contrôler sa réactivité, conserver sa lucidité au sein même de l’adversité. Autant le ’e intensif’ pouvait être passionné, animé de mouvements divers, jusqu’à conserver son sang-froid, sa présence d’esprit, ne se laissant pas démonter par les circonstances. Sens de l’effort, volonté et persévérance par ailleurs ne sont pas ses moindres qualités. Il s’agit donc d’un être capable de gérer sa propre énergie. Si ses moyens physiques l’y autorisent, il est tout désigné pour le sport de compétition : ingratitude de l’entraînement, goût de la lute, gratitude de la victoire.

Le sujet ’E’ en tout cas a besoin d’éprouver face à lui une résistance, il a besoin d’adversité, besoin d’un obstacle à surmonter, d’un objet auquel se mesurer. Et le schéma sagittal nous le suggère : le ’E’ s’entend à faire fructifier l’objet dont il s’occupe : action rime chez lui avec expansion : « action de s’étendre, de prendre plus de terrain ou de place dans le monde en se développant », nous dit le Petit Robert. Voilà qui en dit long ! Action conquérante, donc, développement, accroissement... nous voilà bien près du mythe de la croissance et du progrès ! L’expansion cependant ne saurait être qu’économique, et réduire péjorativement le ’E’ au seul homme d’affaire tiendrait de la caricature : le bénéfice tiré de l’action ne se mesure pas uniquement à la seule acquisition matérielle : la réussite de l’entreprise, - au sens étroit du terme -, les leçons tirées des succès aussi bien que des échecs peuvent suffire à eux-mêmes. Le schéma sagittal en effet nous l’indique : il s’agit d’un être qui sait aller de l’avant tout en ménageant ses arrières. En ce sens, la croissance n’est pas aveugle, mais raisonnée, et science et conscience se trouvent réconciliées : le politique n’exclut pas le sage.

Le ’E’ possède censément le sens de l’organisation, organisation non pas conceptuelle, mais matérielle : gestion de l’énergie, du temps, de l’espace et j’allais dire de la structure... Au total, sens de l’organisation et esprit de prévoyance, deux qualités susceptibles d’accorder à ses entreprises le succès recherché, non point seulement le succès immédiat mais aussi et surtout la réussite à long terme. L’action en ce sens acquiert son maximum d’efficience.

Inutile par ailleurs de débaucher son énergie : est efficace celui qui pour un minimum d’énergie obtient un résultat maximal. Et si l’efficacité est recherchée par Jupiter, l’expérience est approfondie par Saturne. Efficacité, expérience, deux maîtres-mots qui assurent au ’E’ compétence et donc compétitivité.

Enfin, l’objet ’E’ est souvent l’objet utile, celui qui se définit par sa finalité (à quoi ça sert !) et dont on connaît le mécanisme (comment ça marche !), un objet utile donc, et, et sur lequel on peut agir. En ce sens, rendre utile est l’objectif du ’E extensif’... et aussi rentable : la nature est à domestiquer, à exploiter, ce qui n’est pas nécessairement péjoratif, faut-il le préciser.

Le ’E extensif’ est une homme de terrain et donc aussi un homme de situation : il sait tenir compte des situations concrètes telles qu’elles se présentent, avec leurs difficultés et leurs opportunités. Il y a en lui un tacticien doublé d’un stratège. Plus communément et plus banalement, il est doté d’une intelligence et d’un bon sens pratiques : il peut être riche en ficelles, astuces, petits trucs, combines, expédients en tous genres, qui lui permettent d’assurer son profit avec un minimum d’investissement, quel que soit cet investissement, en matériel, en argent, ou tout simplement en énergie. Bref c’est un homme de ressources, toujours de bon conseil.

C’est de plus un esprit positif, réaliste, pragmatique, dont le jugement est en prise directe sur la réalité : il n’y a pas pour lui de vérité toute faite, mais issue de la seule expérience concrète, et l’estime qu’il a pour les autres passe par l’estimation de ce qu’ils ont effectivement accompli. Les beaux discours, les bonnes intentions ne lui suffisent pas : il ne juge que sur pièces, et son jugement est sain, ses critiques constructives. Par là, il sait apprécier les personnes à leur juste valeur, dans leurs défauts et qualités.

Ni sceptique, dans les relations humaines, ni idéaliste, il a le sens des rapports de force et fait « faire avec ». son jugement solide peut lui conférer une autorité de fait : ce peut être un leader, un meneur d’hommes qui sait prendre en main une situation, qui s’entend à dynamiser les énergies, à les exploiter au maximum. Enfin, on peut supposer que, s’il sait rendre utile, il sait aussi se rendre utile.

Au total, l’intégration du ’E’ dans l’ensemble social passe par le rôle actif qu’il y joue. Faire et en faisant, se faire, telle pourrait être sa devise : faire c’est être, et le ’E’ est ce qu’il fait. En ce sens il s’agit surtout d’un bâtisseur, d’un constructeur, de quelqu’un qui entend faire œuvre solide et durable. Dans un ensemble humain (famille, commune, département...), son esprit d’équipe, son sens de l’action, de l’organisation et des réalisations communes sauront oeuvrer pour le bien et le profit de la dite communauté. En ce sens il peut être un politique (ni politicard, ni politicien), au sens où l’entendrait Voltaire : « le vrai politique est celui qui joue bien et qui gagne à la longue ». A la fois sage et homme d’action oeuvrant pour le bien commun, le ’E’ s’entend à « cultiver son jardin ».

IV – PROLONGEMENTS

On peut, à partir des intensifs et extensifs, ou à partir du schéma global du R.E.T., procéder à d’autres regroupements significatifs : on obtient de la sorte deux genres de familles :

  • des familles où l’un des niveaux du R.E.T. est nettement dominant. On pourra les appeler ’hyperfamilles’, en distinguant l’hyper R, l’hyper E, l’hyper T.
  • des familles où l’un des niveaux du R.E.T. est manquant, sortes d’ ’hypofamilles’ où l’on distinguera la famille non-R, la famille non-E, la famille non-T.

Les Hypers : Dans l’hyper R, le ’r intensif’ et le ’R extensif’ se complètent :

Dans l’hyper E, le ’e intensif’ et le ’E extensif’ se complètent (cette famille est aussi appelée ’Croix de l’existence’) :

Dans l’hyper T, le ’t intensif’ et le ’T extensif’ se complètent :

Les Hypos

Dans l’hypo R (ou non-R), on a le cercle dit ’fou’ E-T :

Dans l’hypo E (ou non-E), on a le cercle dit ’fou’ R-T (appelé aussi ’cercle du discours’) :

Dans l’hypo T (ou non-T), on a le cercle dit ’fou’ R-E :

Philippe Pinchon, 2004 (in Cahiers Conditionalistes n°29)

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