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Y-a-t-il un destin ? ou devons-nous plutôt parler de conditionnements et de liberté ?

Patrick Le Guen

Le ciel (i.e. phases zodiacales et rythmes planétaires) peut agir comme un attracteur, comme un champ de forces qui « attire » à lui nos réponses aux événements que nous vivons. En effet, le ciel astrologique peut déterminer, conditionner nos manières de réagir et non pas… d’agir. La nuance est pour moi importante.

‘L’agir’ se situerait davantage dans nos motivations intimes étroitement liées à notre "être en soi", cette part de nous-mêmes libre, non-conditionnée par notre histoire, en somme, ce qui relèverait de l’essence ou de notre identité profonde, non-contingente. Le ‘réagir’ aurait plus à voir avec nos réflexes ou notre ’ego’. Pour moi, le conditionnement astral jouerait donc davantage sur cette part de nous-mêmes qu’on pourrait appeler ‘animal’, autrement dit notre dimension psycho-corporelle, largement sollicitée en première ligne – et bien souvent sur un mode défensif – pour trouver une meilleure adaptation possible à notre environnement externe.

L’imagerie du zodiaque (zoo-diaque), mettant en scène un bestiaire symbolique, ne situe-t-elle pas éloquemment et précisément l’influence astrologique dans ce plan psycho-corporelle ? Ce qui laisserait supposer que notre part spirituelle (la fine pointe de l’âme pour la mystique chrétienne) ne serait pas concernée par ce déterminisme astrologique.

Je tiens à préciser que le ciel joue également de concert avec les autres déterminismes de notre environnement (familial, social, culturel, politique…). Nous sommes au fond, à bien y regarder, partie prenante d’un ensemble de liens, de déterminismes qui, malgré tout, mettent en jeu notre liberté, notre pouvoir de réponse personnelle et intime.

Nous sommes saufs ! A condition toutefois, de ne pas nous départir d’un devoir de conscience (d’où l’importance d’un travail sur soi, d’une ascèse personnelle) car le risque est grand de nous laisser enfermer dans les déterminismes de nos vies et de devenir des marionnettes mues par des fils invisibles.

Pantins du ciel ou hommes libres

Face aux conditionnements célestes, nous pouvons donc nous vivre librement ou nous vivre comme des pantins du ciel, comme des marionnettes suspendues au fil de notre destin. Ce que dit bien ce dicton, attribué à Saint-Thomas d’Aquin : « Le sage régit son étoile, l’ignorant est régi par elle. »

Par conséquent, l’influence astrale peut être vécue comme un fatum aliénant. Mais il me semble, en dernière analyse, que tout repose sur notre manière de concevoir l’influence astrologique. Quel pouvoir lui accorde-t-on ou non sur nos destinées ? Et il semble que là encore, ce qui nous différencie de l’animal ou de la plante, est bien notre capacité à nous déterminer nous-mêmes en fonction de notre conscience. Ce qui ne retire en rien la réalité, la prégnance des déterminismes naturels et culturels de notre environnement, mais simplement entre notre conscience et les forces extérieures (quelle que soit leur nature) existe un espace de choix (un espace de soi pourrai-je dire aussi), un jeu, où le ‘je’ que nous sommes peut se déterminer et advenir librement.

Un parallèle avec l’homéopathie

A ce point de ma réflexion, je suis tenté de faire un parallèle avec ce qui différencie l’homéopathie de la médecine classique allopathique. Cette dernière fait reposer son efficacité curative sur la chimie moléculaire. Il y a donc des molécules que l’on peut manipuler, des substances moléculaires que l’on peut même synthétiser en laboratoire, il y a toute une chimie qui est là et qui a fait ses preuves. Et puis il y a l’homéopathie qui est venu chambouler le paradigme médical classique puisqu’on se retrouve avec des remèdes où la dilution extrême rend improbable la présence de molécules actives. Alors comment l’homéopathie agit-elle ?

C’est une grande question. Simplement ce parallèle permet de montrer qu’il existe des déterminismes invisibles dont on peut constater les effets et qui pourtant sont liés à des forces que l’on ne connaît pas encore. L’homéopathie n’est pas considérée par ailleurs comme une pratique magique ou occulte, les homéopathes ne sont pas des mages, ni des occultistes ou des sorciers !

Conditionnés ...mais libres !

J’insiste sur ce point pour dire que l’astrologie n’est pas une magie, même s’il peut exister des courants occultes dans l’astrologie, l’astrologie que je comprends n’est pas magique. Simplement elle montre qu’il y a des forces que l’on connaît encore mal et qu’il n’y a pas en en avoir peur, sous peine de sombrer dans la superstition. Ces forces agissent sur le vivant et Dieu merci, nous ne pouvons pas les manipuler, sans quoi nous pourrions nous transformer en apprenti sorcier.

Pour revenir à l’astrologie, il me paraît important d’insister à nouveau sur le fait que nous ne devons pas nous considérer nous-mêmes comme des sujets passifs face aux influences astrales. En prendre conscience, tout en en relativisant également leurs portées, peut nous aider à prendre un sain recul pour que puisse s’exercer notre liberté profonde.

Précisons également que l’ignorance de l’influence astrologique n’empêche pas non plus de facto l’expression de notre liberté, car la liberté intérieure n’est jamais liée aux déterminismes naturels ou culturels. Ce qui peut, en revanche, empêcher cette liberté, est une croyance naïve et erronée sur le pouvoir des influences astrales. Il me paraît donc important, à ce niveau, de déconstruire toute fausse croyance sur soi et l’astrologie.

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